Dédié à ses compagnons du Redoutable, La Troisième Jeunesse de madame Prune est un merveilleux badinage de Pierre Loti sur le Japon, ses mousmés – Inamoto, « fleur énigmatique et jolie, au teint d’ambre roux, qui respire la santé, la jeunesse fraîche », ses bonzaïs – « des nains vieillots qui se vendent très cher », ses geishas – « mademoiselle Pluie d’Avril, indéfinissable et insexuée », un petit chat qui parle, ses femmes – « madame Prune, une nuque charmante, comme sortirait une fleur d’un bouquetier »… Mais c’est surtout un hymne étincelant au Japon indécis et comme chimérique, « moitié gris perle et moitié rose, plus étrange, plus lointain, plus japonais que les peintures des éventails ou des porcelaines. Un Japon d’avant le soleil levé. » À la fois récit de voyage et œuvre narrative, ce livre est un superbe portrait du Japon de l’aube du xxe siècle, entre tradition et modernité.
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