Arlette Laguiller ânonnerait un texte de certificat d’études, Édith Cresson aurait une voix de poissonnière, Eva Joly serait une insulte à la langue française, Christiane Taubira se voit traitée de guenon quand elle prend la parole… Insultes, interruptions systématiques, critique de leur voix, inaudible ou trop aiguë, voire hystérique : est-il meilleure façon de signifier aux femmes qu’elles n’ont pas leur place dans l’ordre du discours ?
Récemment arrivées en politique, elles ont pourtant dû s’imposer dans cet univers, s’emparer d’une parole codifiée par et pour les hommes, jouer avec les règles d’une éloquence qui leur était étrangère. C’est à ce parcours entre silence imposé et injonction à parler que nous invite cette plongée dans cinquante ans d’histoire politique, de Simone Veil à Valérie Pécresse, Anne Hidalgo et Marine Le Pen.
Marlène Coulomb-Gully
• Auteur
Marlène Coulomb-Gully est professeure émérite à l’Université Jean Jaurès de Toulouse et membre du Laboratoire d’Etudes et de Recherches Appliquées en Sciences Sociales (LERASS) où elle travaille sur la communication politique, le genre et les médias. Membre du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) de 2013 à 2018, elle a rejoint depuis l’Observatoire « Égalité, éducation et cohésion sociale » du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA).
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